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2017-04-18T22:10:05+02:00

BRAVO à Hamadi Mohamed El-Habib : Je suis Algérien

Publié par Rachid Raïssi

Beaucoup de concepts ont été présentés dans une même séance. De quoi s'agit-il la greffe, l'IGM ou encore l'OGM (?). Je ne savais pas, mais je me souviens de la phrase du professeur Raissi : « je suis algérien ». La preuve d'être autonome et non greffé. La greffe c'est une procédure qui colonise votre personnalité indirectement ou votre culture en général. Un effet que l'on entend dans les pays maghrébins ou africains à cause de la colonisation.

Une perturbation d'identité de la nouvelle génération qui met en question la notion d'identité. D'après l'explication des notions d'assimilation et d'acculturation, je me souviens bien d'un cours de sciences sur les parasites. Est-ce que je connais l'orobanche ? Quelle mauvaise image avez-vous maintenant ?

Une plante qui parasite une autre. Elle ne connaît pas la notion du patriotisme, l'affiliation ou l'amitié. Elle exploite tout pour son profit. Pourquoi faut-il la juger comme une chose qu'il faut éradiquer ?

Oui, je peux encore entendre les paroles de notre enseignant : « restez dans votre pays même avec les problèmes », «l'Algérie, ce grand pays qui a payé ce drapeau par le sang. Un pays libre avec un gouvernement, des frontières et une armée !»

La notion de « L'IGM » était comme un choc pour moi. Avant, j'ai pensé que la science c'est la solution à tout, mais j'ai appris quelque chose d'amusant de notre enseignant, c'est l'importance de lire et d'écrire. J'ai lu le verset coranique « Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses), puis Il les présenta aux Anges et dit : « Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques ! » (Dans votre prétention que vous êtes plus méritants qu'Adam)." AL-BAQARAH 31, plusieurs fois, mais c'est grâce à lui que je comprends maintenant l'importance de la langue.

Lire pour changer l'avenir, écrire pour la joie d'une légende qui reste pour les générations suivantes, pour des futurs intellectuels qui préserveront l'avenir de nos enfants et passeront toute les autres sciences par le moyen de la langue. R. Barthes a dit : « s'il m'était donné par un pouvoir quelconque d'éliminer tout ce qu'on enseigne à l'université, je garderai l'enseignant de la littérature."

C'est pour cette raison que l'IGM était un grand choc. Oui, ces intellectuels génétiquement modifiés, et toutes les personnes infectées par l'assimilation volontairement ou encore greffées par une autre entité culturelle deviennent des parasites qui envahissent l'avenir de l'Algérie.

Comme un jeune chercheur, j'avais l'envie de partir à l'étranger pour poursuivre mes études, je n’ai pensé à aucune autre dimension de la vie. Mais l'expérience de M. Raissi m'ouvre les yeux sur tous ces concepts. J'ai pensé que l'essentiel est de produire quelque chose pour l'Humanité, mais aujourd'hui je dis : Monsieur le parasite, allez-vous-en là où vous pouvez trouver votre intérêt, moi je reste fidèle à mon pays et là où je suis, mon avenir sera toujours lié à mon pays, l'Algérie.

À la fin, je veux vous dire mes chers frères et sœurs : nous sommes des Algériens et des Algériennes, mes chers : lisez pour changer l'avenir, écrivez pour le préserver.

 

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2017-04-15T17:01:13+02:00

BRAVO à l'étudiante Ghiaba Rima groupe 03

Publié par Rachid Raïssi

 

 

D'après ce que nous avons abordé durant toute l'année et sous l'angle du terme générique la francophonie, nous avons étudié pas mal d'exemples dans ce que nous appelons "le rapprochement thématique et l'intertextualité". Pour renforcer l'esprit et désenclaver la pensée du lecteur, nous avons enrichi nos études avec des textes qui illustrent ce rapprochement thématique. L'objectif de notre module et d'initier à une lecture d'un texte littéraire dans une nouvelle perspective. J'ai retenu qu’un texte littéraire n'est qu'un espace de confrontation entre le profane et le sacré, le naturel et le surnaturel, l'humain et le divin et leurs transgressions. Ecrire, c'est parler de soi ou des autres et laisser un relief de la propre culture en intégrant impérativement les différentes notions de base telle que : la greffe, l'assimilation, l'acculturation. Un écrivain ne s'engage à l'écriture qu'après avoir rempli un poids de ses émotions et des sentiments, ce poids est le sac à dos émotionnel.

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2017-04-15T16:58:58+02:00

BRAVO à Aissani Nour eddine G : 03

Publié par Rachid Raïssi

 

Ayant pour objectif d'initier les étudiants de 3ème année de licence à la pré -lecture, à la lecture et à la réécriture, le professeur Raissi Rachid a assuré le module de l'étude des textes littéraires. Au 1er semestre, il a commencé sa mission par la définition et les caractéristiques du texte littéraire ; ce dernier offre à l'énonciateur un espace pour dégager tout ce qui est à l'intérieur de lui-même : émotions et traumatismes de toute une vie ou ce qu'on a appelé le sac à dos émotionnel. Ensuite et à la lumière des textes tirés de différents romans, l'enseignant nous a demandé de faire des entraînements d'écriture par la production de petits passages. On a travaillé sur des textes qui ont un rapprochement thématique et textuel, celui de l'amour impossible et de la transgression du sacré (profanation / profanisation) à travers les exemples de Nedjma de K. Yacine, du sommeil d’Eve de M. Dib et de la fiancée du loup d 'A. Kallas. Ce rapprochement nous a montré que toute écriture et une sorte de réécriture car chaque écrivain commence à écrire à partir de son esprit et à partir des écrits d'autrui. Au 2ème semestre, on a étudié les textes rédigés par les écrivains maghrébins d'expression française dans le cadre de la francophonie. Ces écrivains, aliénés de leurs identités et greffés par la langue et la culture française, se révèlent être des assimilés et des acculturés.
 

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2017-04-13T11:46:26+02:00

Bravo à RABIA khansa G°3

Publié par Rachid Raïssi

 

 

Ce module a eu une telle influence sur moi que ma vision des auteurs et de leurs œuvres a complétement changé. Venant maintenant aux catégories et aux notions que nous avons étudiées pendant les deux semestres. Ces notions aident à l'interprétation des textes littéraires et du coup visent à empêcher les lecteurs de se tromper avec les thèmes abordés. Car s'appuyer seulement sur les thèmes ne suffit pas pour comprendre le sous-message transmis par l'auteur. Prenant par exemple le cas de Nedjma de Kateb Yacine : ce roman traite le thème de l'amour mais le message derrière l'histoire de Nedjma, c'est un message qui a pour objectif la dévalorisation des principes islamiques. Cette dévalorisation fait partie de ce qu'on appelle la profanation du sacré.

Kateb Yacine, en laissant tomber sa culture et en adoptant une autre, est un auteur greffé comme tous les auteurs maghrébins d'expression française. C’est un assimilé car il ne respecte pas sa religion, sa culture et il tente à détruire leurs principes. Lire donc avec les notions, c'est lire autrement car ces notions renforcent la conscience et l'esprit critique des lecteurs.

 

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2017-04-11T20:11:47+02:00

CM-Bilan : Bravo à Bougueffa Eutamene Karima

Publié par Rachid Raïssi

 

D’après ce que nous avons fait dans les CM, j’ai retenu plusieurs notions qui nous aident à mieux lire un texte littéraire. Commençant par l’assimilation, une notion qui touche les écrivains maghrébins d’expression française. Disant que ce sont des assimilés par la langue d’autrui. Et de plus, par sa culture. Ces écrivains veulent supprimer leur identité pour être des petits français. C’est ce qu’on appelle l’imitation aveugle qui aboutit à l’effacement identitaire. Ce sont des IGM (intellectuels génétiquement modifiés) et des écrivains greffés par cette langue et par cette culture. Prenant l’exemple vivant de Rachid Boudjedra et de Malika Mokeddem sans oublier le cas de « Diouana », une fille africaine qui rêve de la France comme étant un pays extraordinaire qui pourra lui permettre de réaliser tout ce qu’elle veut. Mais le fait de ne pas partir a mené le personnage à se suicider. L’assimilation concerne donc non seulement les écrivains mais aussi le peuple. L’assimilation mais aussi l'acculturation qui, quant à elle, est appliquée par la force, c’est l’acculturation qui est apparue pendant les années de la colonisation.

Puis, le Professeur R. Rachid nous a informés de deux types de lecture, la première, c’est ce que nous nous sommes habitués à faire autrement dit réduire le texte à la notion et la deuxième, la lecture immanente. Cette dernière est liée ensuite à des notions, des concepts et des catégories que le texte lui-même propose pour son déchiffrement.

De plus, on a parlé du sac à dos émotionnel qui naît avant même que nous ne voyons le jour. Ce sac à dos rassemble toutes nos émotions dès qu’on est dans le ventre de nos mamans jusqu’à notre mort. Les mauvais sentiments et les beaux. C’est pour cela que les médecins n’arrêtent jamais de dire « n’énervez pas les femmes qui sont enceintes. »

Partant de notre premier choc qui est la séparation avec nos mères, le trauma continuera avec les commotions de la vie. Mais personne n’arrive à exprimer ses émotions, à cause de cela on voit des réactions inattendues, c’est quand la langue n’arrive pas à parler, le corps, lui, fait son entrée avec un langage spécifique, le langage du corps.

 

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2017-04-10T19:45:09+02:00

BRAVO A HAMOUD BOUCHRA

Publié par Rachid Raïssi

CM bilan :

 

Le module « Etude de textes littéraire » s’intéresse à l’analyse du texte littéraire et à l’étude des notions de base. Son objectif est l’initiation des étudiants à la pré- lecture, à la lecture et à la réécriture du texte littéraire. La pré-lecture est une lecture qui se fait d’une manière globale, préalable et externe et par laquelle on pose des hypothèses de sens pour aller à la lecture profonde et interne du texte.

Sur le plan thématique, les écrivains travaillent toujours sur les même thèmes dans ce qu’on appelle le rapprochement thématique tels que : la mort, l’amour, l’existence, la thématique du rêve, etc.

De cette répétition de thèmes résulte l’intertextualité ; ce qui est évident car aucun texte ne peut éviter la rencontre avec un autre et personne ne peut écrire du néant à l’exception de Dieu, le Tout-Puissant. Prenant l’exemple des deux extraits sur lesquels nous avons travaillé au premier semestre « Le sommeil d’Eve » de Mohammed Dib et « La fiancé du loup » d’Aïno Kallas, dont les personnages principaux sont des humains amoureux des loups qui symbolisent l’homme car l’homme n’est-il un loup pour son prochain et surtout pour la femme. Car l’homme, par sa nature même, aime à gérer et à tout contrôler autrement dit il aime dominer mais la femme, à son tour, n’aime pas se sentir soumise et dépendante. Alors, reconnaissons enfin que le point faible de l’homme est sa femme car « La seule personne que la femme peut vaincre, c’est l’homme » mais l’homme et la femme ne peuvent réellement se rencontrer que sous le signe de la puissance divine. Toutes les autres rencontres sont sous le signe du diable et sont des transgressions punies immanquablement ici et ailleurs.

Le thème de la pré- lecture est l’amour impossible mais une lecture profonde analytique des deux œuvres montre que le thème essentiel est celui du péché mortel « l’adultère » qui viole et transgresse toutes lois divines.

La métamorphose écrite par Kafka est aussi une thématique traitée par Edgar Poe dans « Histoire extraordinaire » et qui parle du changement complet de l’être de la chenille au papillon autrement dit passer de la laideur de la vie actuelle à la beauté éternelle.

Finalement, avec les concepts et les outils de compréhension qui nous ont été enseignés et les conseils prodigués nous permettent de mieux appréhender la littérature et nous prémunir des dangers et des dérives que véhicule la littérature tels que : l’assimilation, l’acculturation, la greffe, etc. 

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2017-04-07T18:59:01+02:00

BILAN DES ENSEIGNEMENTS PAR RAHMA BELAÏD

Publié par Rachid Raïssi

Notre module, études des textes littéraires, a pour objet d’Initier les étudiants à la pré-lecture, à la lecture et à la réécriture du texte littéraire. Cette problématique est reposée encore une fois lors du CM-bilan afin de jeter un pont entre le semestre 1 et le semestre 2 et afin de renforcer les acquis et les compréhensions.

Pour commencer, le premier point mis en discussion est : que veut dire la pré-lecture ? La pré-lecture c’est faire une lecture préalable, une vision générale, une lecture formelle d’un texte pour en repérer les éléments clés. D’une façon générale, il s’agissait de définir les notions de base de la problématique. Ensuite, un autre point plus essentiel, c’était de montrer dans quelle mesure le concept de l’intertextualité est-il impliqué dans le texte de la Fiancée du loup d’A. Kallas et du Sommeil d’Eve de M. Dib. Après discussion, le rapprochement thématique a été établi, celui de l’interdiction de l’adultère (la profanation ou profanisation du sacré), voire l’amour impossible. Notons cependant que l’histoire de Kaïs et Leïla est aussi un récit de l’amour impossible ou conjoncturel ; thème qui rapproche cette œuvre des deux premières. Un autre exemple pour illustrer l’intertextualité thématique qui rapproche les œuvres, c’est Histoire extraordinaire d’Edgard Poe et La métamorphose de l’écrivain allemand juif Kafka. La métamorphose de la chenille en papillon de Poe rapproche cette œuvre de celle de Kafka par le thème de la métamorphose. Pour la deuxième œuvre, Gregor Samsa s’est métamorphosé et devient un monstrueux insecte.      

En ce qui concerne le deuxième semestre, il traite de l’étude du texte maghrébin d’expression française, l’examen de l’écriture sous l’éclairage de deux concepts fondamentaux : l’assimilation et l’acculturation dans le cadre de la Francophonie/francophonie.

En définitive, et après avoir vu ce qu’on a étudié durant le S 1 : l’indéfinition de la littérature, l’intertextualité, la pré-lecture, ect. Je trouve que le premier semestre n’était qu’une phase préparatoire pour aller plus profondément dans l’analyse du texte dans le deuxième semestre, puisque le fait de définir les concepts : le sac à dos émotionnel, l’immanence, la grille de lecture, ect. Dans un texte, c’est savoir que certains ou la majorité des écrivains sont greffés par la langue française et cette écriture n’est pas une tâche facile car l’écrivain, qui se bat contre la langue, s’avoue généralement vaincu et se laisse aller dans la destruction de ses propres valeurs et ses propres croyances.

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2017-03-19T19:37:35+01:00

Bravo à Aoura Chahrazed G.4

Publié par Rachid Raïssi

Le fait d’entendre l’expression « sac à dos émotionnel » séduit mon oreille et me fait plaisir. De plus, c’est une expression facile à retenir. Parler du « sac à dos », c’est entre autres parler de l’écriture autobiographie ou autofictionnelle car l’écrivain ne parvient à écrire qu’après l’accumulation des émotions de toute une vie. Enfin et d’après le Dr S. Raïssi, le sac à dos émotionnel est celui aussi de la littérature de l’intranquillité. L’enseignante explique que « c’est une écriture obsédée par le sentiment du mal à l’âme de l’humain partagé entre tourments et supplices provoqués par les remords de conscience qui hantent le texte littéraire et lui donne sens (…).

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2017-03-17T20:58:29+01:00

Khorsi Katia.

Publié par Rachid Raïssi

Les écrivains magrébins d’expression française sont tous manipulés par l’écriture d’autrui, ils ne font qu’apporter les paroles et les notions déjà dites. Il faut donc mettre fin à l’enfermement du texte algérien d’expression française. C’est vrai qu’on est tous greffé par la langue française mais parler le Français ne veut pas dire forcément que nous sommes greffés sauf ceux qui veulent l’être et leur ressembler. Quelqu’un qui tient à ses origines et parle la langue française, en prenant le côté positif ce serait la rencontre des autres cultures, le métissage, la mixité et le partage des enrichissements tout en maîtrisant les deux langues (arabe et français). Si la maîtrise des deux langues n’est pas égale et que la langue maternelle est inférieure à celle d’autrui ce serait donc une assimilation qui mène vers l’effacement identitaire et des valeurs culturelles et religieuses. L’immanence c’est quelque chose qui réside dans la nature d’un être. C’est donc ce que le sujet apporte de sa propre nature. C’est le fait de lire sans violer les concepts traités. Le sac à dos émotionnel existe en tout individu, dès la création du fœtus à l’enfance et l’adolescence jusqu’à l’âge adulte en le porte en nous. Il contient des émotions involontaires qui provoquent des sentiments qui surgissent durant tout le parcours de l’individu.

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2017-03-17T20:50:46+01:00

Bravo Smaïn. De l’assimilation et l’acculturation par la francophonie

Publié par Rachid Raïssi

Léopold Sédar Senghor dans Le français, langue de culture in « Esprit » n°311 de Novembre 1962, page 844, disait : « La France, me disait un délégué du F.L.N., c’est vous, c’est moi : c’est la culture française. Renversons la proposition pour être complet : la Négritude, l’Arabisme, c’est aussi vous, Français de l’hexagone. ». La colonisation a permis à la culture française de se propager presque partout dans le monde, en l’occurrence sur le continent africain. Teintés et porteurs d’une culture exotique, ces pays, après leur décolonisation et à l’instar des anciennes colonies britanniques, s’associèrent pour former un organisme sur la base de la langue française à l’image du commun Wealth. C’est ainsi que naquit la Francophonie en 1986 au palais de Versailles sous l’instigation de Senghor et de ses paires. D’ailleurs, il dénote dans la citation suscitée ce caractère désormais universel que revêt la langue française et ces sources culturelles exotiques qui la font briller de mille feux dans les livres pour les Français et les francophones. Pour lui, engagé dans une démarche de « civilisation de l’universel », la Francophonie « c’est cet Humanisme intégral qui se tisse autour de la terre : cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races qui se réveillent à leur chaleur complémentaire ». A la lumière de ces propos, nous saisissons la ferveur positiviste de Senghor qui verrait bien toutes les cultures cohabiter à pied égal, vivre en harmonie sans que l’un ne pousse l’autre vers sa disparition. Toutefois, la question que nous nous posons est de savoir si une acculturation, une interpénétration culturelle est-elle possible sans entrainer un effacement quasi complet de l’identité précédente, la culture d’origine, c’est-à-dire une assimilation à la culture de l’Autre. De prime abord, il est idoine, nous semble-t-il de lever le voile sur ces notions que charrie la question de la Francophonie, à savoir l’assimilation, l’acculturation, l’intégration et celui de la dispersion. Nous nous basons en grande partie sur un article publié dans l’Encyclopédia Universalis 2016 intitulé Assimilation Sociale dont l’auteur est Samuel Noah Eisenstadt afin que nos acceptions soient ad hoc. Selon ce dernier : « l’assimilation est le processus par lequel un ensemble d’individu se fond dans un nouveau cadre social. Elle réussit lorsque le groupe disparait totalement, impliquant la renonciation à leur culture d’origine, la mise au pas de leur personnalité et leur atomisation au sein de la société qui aborde ». Toutefois, c’est un processus qui se découpe en trois phases. Le premier est l’acculturation. Formé à partir du mot latin ad, qui exprime le rapprochement, le terme acculturation a été proposé dès 1880 par les anthropologues Nord-Américains. Il désigne en anthropologie culturelle les phénomènes de contacts et d’interpénétrations entre civilisations différentes. Ici, elle permet d’évaluer la facilité avec laquelle le candidat apprend les nouveaux rôles que l’on attend de lui, les normes et les coutumes de la société. La seconde phase est celle de l’intégration qui est un processus complexe et peut parfois être désastreux pour les candidats à l’assimilation. En effet, à ce stade, on apprécie la façon dont son nouvel entourage affecte la personnalité de l’individu, sa tranquillité, ses facultés à résoudre les problèmes variés qu’engendre la situation nouvelle où il se trouve. Elle implique un effet de désintégration de la personnalité qui conduit bien souvent au suicide, au crime, aux maladies mentales, aux crises familiales, etc…

La troisième et dernière phase, qui sert d’indice en réalité et qui est cruciale, est la dispersion. Plus l’individu assimilé s’identifie davantage à sa culture d’accueil qu’à ses origines, plus l’assimilation est réussie. C’est à partir de cette dernière que s’est développé le concept de « Melting Pot » chez les Américains et du « Creuset » chez les Français. Ainsi, Cambodgiens, Sub-sahariens et Maghrébins devenaient à part entière Américains et Français. Des écrivains, comme Sembene Ousmane, Kateb Yacine, Léopold Sédar Senghor, Mohamed Dib ont longtemps écrit afin de magnifier leur culture, mais aussi ils essayèrent tant bien que mal de l’épurer des influences extérieures. Leur lutte combien noble porta fruits, mais ceux-ci n’atteignirent pas maturité. Kateb comme Léopold écrivirent beaucoup pour la décolonisation. Par contre les écrivains qui leurs succédèrent écrivirent pour la conscientisation de la population face au phénomène de la perte identitaire. Diouana, personnage principal de la nouvelle intitulé « Le rêve de Diouana », tiré des Voltaïques de Sembene Ousmane, est une jeune dakaroise qui, n’ayant pu rejoindre la France comme prévu avec ses patrons, se suicida. Elle rêvait de fouler l’Hexagone, l’Eldorado des Africains où elle ferait fortune avant de revenir chez elle. Diouana, comme ces milliers d’harkis qui avaient rejoint la France en 1962, des renégats éhontés, ne sont rien d’autre que des assimilés. Mystifiant ce pays, sa culture et sa langue, ils n’avaient de yeux que pour elle et ne jurait que par elle. La colonisation et la conjoncture actuelle ont fait de la peau noire de l’Africain un être subsidiaire qui ne peut trouver son salut qu’en France. Ainsi, nous voyons ces milliers d’immigrants qui périssent jour et nuit dans la mer macabre qu’est la méditerranée. Ils sont assimilés et ne font que suivre les pas de leurs prédécesseurs à l’image d’Assia Djebar qui refusa d’enseigner dans son pays dans sa langue maternelle et aussi de Rachid Boudjedra qui clamait haut et fort sur des chaines de télé qu’il est athée et ne se reconnaissait en rien à l’Islam. D’ailleurs, ses œuvres le prouvent. En réalité, nous ne pouvons éluder la prouesse des Français qui fut d’assimiler chez eux ces colonisés et faire de telle sorte que le résultat se pérennise sur plusieurs générations. Nini, dans Nini, la mulâtresse de Dakar de Abdoulaye Sadji n’hésite pas, après l’échec de l’envoutement de son Français, de vendre son héritage et d’embarquer pour la France, puis le Cameroun bien qu’elle sût que ce dernier s’était déjà marié à une française. Certes, il est vrai que la France a pu asseoir une sorte d’assimilation endogène, mais cela n’a point conduit à l’éradication pure et simple des valeurs culturelles dans nos pays respectifs. Elle a plutôt conduit, d’un point de vue général, à ce qu’on appelle acculturation ou encore interpénétration culturelle. Si Okonkwo, dans Le monde s’effondre de Chinua Achébé, abattu du fait que ses frères n’ont pas su résister et garder les gris-gris au profit de la Croix de l’Eglise, se donne la mort. De même dans l’Aventure ambigüe de Cheick Hamidou Kane, Samba Diallo est assassiné par le fou du village car celui-ci refusait de prier et par ricochet reniait ses valeurs traditionnelles. Cela n’est nullement le cas de Bakayoko qui, dans Les bouts de bois de Dieu de Sembene, saura tirer parti de ses lectures de Marx qui l’inspireront et lui permettra de mener à bien la grève jusqu’au bout. Sa maitrise des théories marxistes que lui enseignèrent les Français lui permirent de prendre conscience du pillage du continent, des cheminots. Et ce, pour montrer ce revers de la médaille qui est peu en quantité, mais existe néanmoins. Comment oublié ces nombreux pays qui, à défaut d’ériger au rang de langue officiel et nationale comme l’Algérie leur langue maternelle, donnèrent à certaines au moins le statut de langue nationale. Cela a permis de contrer l’avancée dévastatrice de la langue étrangère, le Français. C’est le cas du Congo avec le Swahili, le Lingala et du Burkina Faso avec le Moré et le Dioula. Ces pays, ces peuples sont en proie à la greffe, à l’effacement de leur identité originelle et à notre humble avis, un retour aux sources est une condition sine qua non pour mieux préserver ses valeurs. Amin Maalouf préconise dans Les identités meurtrières de faire un « examen d’identité » afin de de débusquer tous ses tenants. En réalité, l’universalité et le « village planétaire » sont un danger pour nos sociétés. Fondu dans une culture unique et totalitaire, nous ne courrons qu’à notre perte. Nous prenons position et croyons fermement qu’à défaut de brandir et mettre sur un piédestal nos valeurs intrinsèques, nous pouvons nous ouvrir à une greffe non dépouilleuse mais enrichissante. Il faut absolument un désenclavement de la pensée dans ces pays. Ne se référant qu’à la France pour toute réflexion, ils obnubilent leur savoir par les stéréotypes déjà existants. Le mythe de la culture française dominante et civilisatrice persiste. La perversité, comme une trainée de poudre embrase tous les strates de la société.

 

 

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