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2017-06-09T12:45:52+02:00

La Désirante de Malika Mokeddem œuvre carrefour et parole errante. Du roman de mouvement à l’écriture en mouvement. Article cosigné : Rachid Raissi professeur ,Université de Ouargla & Yamouni-Tounes Sabrina doctorante, Université de Béjaia.

Publié par Rachid Raïssi

« La marche à l’éternité m’est suscitée par le mouvement. Le mouvement est ma justification métaphysique. Plus je vais, plus je trouve primordiale la notion du mouvement »(1)
Résumé : Les écrits de Malika Mokeddem surpassent la dimension contextualisée et/ou territorialisée d’une œuvre littéraire pour proposer une esthétique en rapport avec les problématiques du nouveau siècle.
La Désirante, dernier roman de Malika Mokeddem, de par son ossature textuelle intègre lestement substrat historique et social imprégnés d’un imaginaire mythique issu du canevas de la tradition littéraire mondiale pour véhiculer une vision du monde singulière et un rapport inédit à l’écriture.
On peut dire que l’œuvre de Malika Mokeddem, celle d’un auteur qui compose harmonieusement avec l’esprit de son temps, suggère un labyrinthe textuel qui jongle savamment dans la mise en encre d’un mythe qui est en substance l’expression parfaite de l’errance. 
Mots clés: errance, intertextualité, mythe, identité, altérité, genre, spatialité, particularisme, universalisme, écriture
Abstract: The writings of Malika Mokeddem surpass the contextualized and/or the territorialised dimension of a literary work to suggest an aesthetic in relationship with the problematic of the new century.
La Désirante, Malika Mokeddem’s latest novel, by its textual skeleton integrates with such agility historic substance and social impregnations of a mythical imaginary descending from canvas of the world literary tradition in order to carry a singular vision of the world and an unprecedented relationship to the writing.
We can say that the work of Malika Mokeddem is that of an author who composes harmoniously with the spirit of his time, suggesting a literary labyrinth which juggles skilfully in the ink making of a myth that is in substance the perfect expression of the erring
Key Words: erring, intertextuality, myth, identity, alterity, gender, spatiality, particularism, universalism, writing. 
La Désirante ne saurait se concevoir en dehors de sa pluralité intertextuelle. C’est une œuvre cristallisant le cheminement d’une subjectivité qui s’humecte d’un imaginaire mythique pour consigner sur papier le parcours d’une connaissance et/ou reconnaissance identitaire dont les assises sont mal-définies, qui transparaît notamment à travers l’errance de l’héroïne Shamsa dans des espaces multiples jetant ainsi les ponts entres plusieurs espaces culturels, géographiques mais surtout linguistiques.
En l’absence d’une filiation patente du personnage principal, l’errance à travers les textes et les espaces géographiques vient conférer de l’épaisseur à ce même personnage souffreteux d’une césure narcissique. La mouvance à travers les textes permet au personnage-narrateur plus d’expression et de caractérisation.
Notre propos ,ici, est de disséquer les différentes facettes de l’errance dans leur rapport au langage mythique afin de faire valoir l’idée selon laquelle La Désirante est un roman qui se donne à lire comme expression prodigieuse d’une filiation identitaire et/ou scripturaire qui suggère au lecteur une poétique de mouvement riche en matière de références aussi bien littéraires que culturelles. 
D’où ces questions : Quelle symbolique suggère l’étoilement textuel dans le roman La Désirante ? Comment la poétique d’errance inscrit-elle en filigrane une re-contextualisation de l’œuvre de Malika Mokeddem et ce, en subvertissant l’espace d’écriture ? Quel est le rôle entre quête identitaire et langage mythique ?
De cette problématique découlent les hypothèses suivantes :
-Les multiples dimensions d’errance accompagnent souvent l’errance scripturaire en vue d’une transcendance spirituelle et/ou poétique.
-L’errance traduit en filigrane la difficulté d’affiliation littéraire d’une écriture distinguée par un marquage culturel.
- L’errance textuelle affiche une volonté subversive de l’écriture mokeddemienne.
- L’errance est une démarche qui dévoile les affects ou le sac à dos émotionnel de l’héroïne du roman en quête d’un Moi autre et d’une réparation narcissique.
Spatialités bigarrées et symbolisme des lieux dans La Désirante :
Dans La Désirante, les lieux deviennent des substituts indéfectibles des repères de la narratrice.
L’espace caractérisé par une géographie vague et équivoque accompagne souvent le destin des personnages du roman et détermine leurs perceptions. 
« L’espace […] constitue une des matières premières de la texture romanesque. Il est intimement lié non seulement au’ ’point de vue’’ […] ainsi qu’à une foule de problèmes stylistiques, psychologiques, thématiques qui, sans posséder de qualités spatiales à l’origine, en acquièrent cependant en littérature comme dans le langage quotidien » (2)
Cet élément qui se manifeste, ostensiblement, dans La Désirante à travers sa dimension mobile (mer-désert-ville-voilier) relève d’une extension significative du personnage principal qui s’élance inéluctablement dans le rétablissement de sa mémoire traumatique et dans la préservation d’un lien imaginaire raté. 
Au fil du roman, l’espace ponctue et détermine la narration pour permettre l’efflorescence d’une poétique spatiale qui permet une jonction entre le réel et le merveilleux.
Le personnage narrateur qui est pour sa part omniscient et mouvant possède une prise de conscience supérieure à l’espace dans lequel il évolue.
Au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture du roman, le lecteur s’apercevra à coup sûr que l’espace est entrevu comme un personnage à part entière. Car celui-ci est évolutif et à la fois féerique de par sa capacité à transfigurer le regard des personnages, à repenser l’être et à enclencher en l’homme des réflexions profondes sur des questions existentielles. 
Par ailleurs, l’incipit du roman La Désirante ainsi que l’épigraphe empruntée à Saint-John Perse présagent d’emblée l’errance du personnage.
Pour Malika Mokeddem comme pour Saint-John Perse, seule l’écriture est à même de soustraire l’homme à tout état assidu. En fait, le mouvement des lettres prend l’allure de ce vent qui catalyse l’errance dans des espaces multiples. Une errance qui sonde indissolublement la parole libératrice et l’extirpe de ces forces obscures qui musèlent l’homme et l’empêchent d’atteindre la vénusté et l’émancipation.
L’errance se manifeste à travers le pullulement d’espaces à patrouiller, le recours à l’Arabe dialectal et le brassage des genres. 
Nous pouvons ainsi dire que la thématique d’errance attribue aux lieux fréquentés leur signification la plus intense. Cependant, cette délocalisation incessante jette le voile sur l’instabilité psychologique du personnage Shamsa qui cherche à son corps défendant à se dépêtrer de son hermétisme existentiel et à mettre un mot sur son histoire mutilée.
D’autre part, l’espace du pays natal, entre autre celui du Sahara, qui est à l’origine contraignant car animé par des considérations collectives retardataires et incorrigibles qui sont souvent la source des relations conflictuelles, a permis d’aiguiser la conscience des personnages qui s’engagent promptement dans la désaliénation sociale et dans une démarche singulière de l’altérité.
Shamsa personnage, dont l’idéal familial n’est que chimère, choisit la fuite et le déplacement spatial pour culbuter une existence fade et médiocre et se délivrer des attachements chimériques à même de lui permettre une éventuelle réparation de l’image œdipienne.
Toutes les pérégrinations permettent à l’héroïne d’édifier un chemin vers le bonheur et de porter au pinacle une vision altruiste. Une entreprise qui ne peut être réalisable que dans l’espace du texte.
Par ailleurs, la narration se joue majestueusement de la dialectique spatiale. Le parallèle spatial entre la mer et le désert, la ville et voilier s’accomplit pour tendre à une orchestration affective et à un moment de grâce naturelle :
« La mer est mon désert » (3), confie Shamsa à Léo.
La mer serait conjointement aux yeux de Shamsa :« le côté face de l’amour »(4) 
En outre, l’espace joint les artères de l’histoire et se dilue dans l’espace de l’infini pour permettre à l’écriture d’atteindre la béatitude.
Ainsi, l’espace à l’instar d’autres éléments de la narration qui créent une affectivité incandescente chez le personnage principal, permettent une jonction surprenante entre sensibilité poétique et sensibilité intime.
D’autre part, l’errance à travers des espaces multiples caractérise le nomadisme intérieur dont se réclame Shamsa : 
« De déplacement en déplacement, je demeure nomade dans l’âme et garde en moi ce quelque chose qui fait que les grands espaces me dévastent » (5)
Shamsa précise que son espace natal la prédestine à l’errance :
« Ici seuls les palmiers ont des racines » (6)
Après s’être groggy de ses traversées, Shamsa parvient tant bien que mal à tromper son ennui et à faire le vide afin de se déguerpir de l’écheveau de la solitude et de tout ce qui la laisse remonter à son traumatisme primaire qui est entre autre celui de l’abandon.
L’écriture de l’espace procède de ce pouvoir à faire vivre de manière réfléchie et nostalgique l’espace que l’on vient de quitter. Une nostalgie qui se dégage sur le plan de l’écriture par des métaphores ingénieuses et à travers une posture discursive qui se distingue par un marquage culturel et par une volonté d’intégrer l’Autre.
En outre, la présence en pleine mer permet à Shamsa une prise sur le monde de l’enfance de par le sentiment d’insouciance et d’innocence de cette étape de vie, un sentiment magnifique qui peut être ressenti sur le flot des eaux.
Nonobstant le contact rassurant avec l’eau, le passé saumâtre refait surface et donne libre cours à un lyrisme enflammé pour prendre corps dans l’espace du texte permettant ainsi de réconcilier sous l’égide de l’acte créatif terre natale et lieux d’exil. 
Ainsi, ce déferlement de l’ombre de la terre natale exprime en propre ce tiraillement de l’écriture entre les deux rives de la Méditerranée, cette écriture qui tente inlassablement d’esthétiser, sur le plan de la diégèse ainsi que celui de la narration, l’appartenance incontournable à une culture bien déterminée.
De plus, la description des lieux parcourus permet au temps et à l’espace de s’entremettre pour faire preuve d’un certain exotisme qui véhicule entre autre une teneur altruiste qui se situe au confluent d’ici et de là-bas.
Si donc Ulysse est cet être masculin qui peuple la mythologie grecque, La Désirante ballotte ce même être du côté féminin.
Et le recours à Ulysse sert toujours de motif pour caractériser aussi bien l’errance et la déchirure dont sont victimes les personnages entre leur lieu d’origine et celui d’accueil que l’entreprise de connaissance des semblables :
« Figure mythologique de l’étranger, Ulysse passe du familier à l’étranger en quête d’un renouveau aussi bien de l’identité que de la reconnaissance […] Rencontre de l’étranger, de l’inconscient…de deux inconscients. Ecoute de l’autre qui amène le sujet à la découverte de son propre espace, de son propre désir, à travers un voyage comme celui de l’Odyssée. »(7)
Prendre les flots des vagues pour révéler le désert natal représente indéniablement le nœud de l’intrigue du roman La Désirante.
La mer devient alors cette passerelle symbolique, métaphore du désir d’expatriation qui permet à la protagoniste du roman de visiter au prix de multiples détours d’autres espaces à même de chercher la substance poétique et de regagner les lieux d’encrage quitte à affronter les dangers de cet espace aquatique sublime et engloutissant. 
Prendre la mer devient un impératif pour Shamsa pour tatouer les confins de sa mémoire démantibulée. 
Ainsi, l’écriture se conçoit à l’image d’une odyssée qui emprunte les chemins farfelus de la mémoire pour intercepter les mots qui campent les geignements de l’inconscient.
Errer par les mots, errer dans l’espace c’est prendre un pas sur la peur qui engourdit les êtres, c’est aussi offrir à l’homme une éventuelle régénération.
Par ailleurs, l’espace du désert prend corps avec l’espace de la mer pour faire entendre une seule voix celle de l’humain qui tente se passer de ses utopies d’ancrages.
Si le mythe d’Ulysse est un faciès de la quête de la mémoire et de l’identité, La Désirante de par ses références à ce mythe grec est l’odyssée investigatrice des différentes dimensions de l’identité aussi bien culturelles, mythiques, individuelles, littéraires, nationales etc.

Le croisement générique dans La Désirante : Vers une re-contextualisation subversive de l’œuvre littéraire maghrébine ?
Le programme fictionnel de La Désirante annonce clairement dès la page de couverture qu’il s’agit d’un roman. Or, en parcourant les écheveaux du roman nous avons pu constater que le texte offre un mélange générique savoureux. Ainsi, La Désirante répond aux exigences de l’écriture moderne qui se centre principalement sur la notion de l’écriture et sur celle de l’alliance des genres textuels au sein d’une même œuvre littéraire.
La Désirante est un assortiment ingénieux des genres textuels. Entre monologue intérieur, roman policier, journal du bord, journal intime, roman de témoignage, roman de voyage, roman conte, fresque d’amour ou roman sentimental, autofiction, le roman de Malika Mokeddem est une œuvre qui se caractérise par l’enjambement des modèles génériques pour permettre d’articuler l’œuvre littéraire autours des exigences esthétiques et culturelles modernes.
Entre récit intime qui compose avec une contingence historique locale et une autre mondiale, La Désirante reste un roman d’exil et d’errance qui tente de réfracter une poétique qui s’ébat entre particularisme et universalisme. 
La subversion générique est révélatrice d’une tendance esthétique et/ou culturelle globale qui offre au texte l’exigence d’être au goût de son temps.
En faisant dans la fracture générique, Malika Mokeddem propose ingénieusement une esthétique de la rupture.
Itinéraires de lecture et errance textuelle dans La Désirante :
Originaire du Sud algérien, passionnée de la lecture qu’elle découvre en fréquentant les bancs de l’école française, notamment le lycée d’Oran, Malika Mokeddem investit toutes ses sources d’inspiration pour présenter à son lectorat des œuvres qui sont en fait le fruit d’une intertextualité gracieuse.
Le récit polyphonique qui tisse l’étoffe narrative du roman La Désirante est un retentissement d’autres œuvres de Malika Mokeddem à savoir L’Interdite et N’zid.
Par ailleurs, le dévoilement de certains thèmes dans notre corpus d’étude à savoir le soleil, l’absurde, la mer et la relation douloureuse avec la mère nous renvoient indubitablement à l’œuvre d’Albert Camus.
En outre, les voyages de Shamsa à travers le bassin méditerranéen rappellent à s’y méprendre l’Odyssée homérique.
Ceci dit, La Désirante serait la réactivation incessante de l’entreprise scripturaire. Ce roman d’errance laisse entrevoir le devenir sensuel du verbe créateur.

L’errance dans l’expression :
L’écriture de Malika Mokeddem s’inscrit dans le sillage d’une origine culturelle bédouine et de la culture du pays d’accueil.
Cette hybridité se traduit sur le plan linguistique par l’interférence des langues.
Le lexique arabe fait corps dans le roman La Désirante pour permettre à la langue mère et à d’autres langues de s’interpénétrer.
Les mots indépendamment de leurs valeurs sémantiques se chargent de valeurs anthropologiques et sociales pour dévoiler un particularisme révélateur.
Dans La Désirante le brassage linguistique s’effectue aux niveaux suivants :
Le niveau onomastique : le roman confectionne des noms dont l’origine est arabe ou berbère :Zin,Zineb ,Nabil,Youcef, Kader etc.
Le niveau culinaire : l’œuvre de Malika Mokeddem regorge de références à de spécialités culinaires locales. :Mouloukhya, Méchouia, Hrira, couscous etc.
La toponymie : Ain Dakhla,Tanezrouft,Misserghine, etc.
La culture religieuse :inch’Allah,Coran,Muezzin,kaffer ,etc.
Les clichés et les expressions de la culture algérienne:jiâne, chi-chi.

Il en découle que le bouillonnement des langues dans le texte de La Désirante est loin d’être exclusivement un choix linguistique mais il reste typiquement une orientation qui projette l’œuvre littéraire dans une dimension polyphonique pour faire du roman la réverbération de plusieurs jalonnements aussi bien linguistiques que culturels.
Ainsi, de roman qui met en germe l’errance, La Désirante propose plantureusement une écriture en mouvement qui marque une narration qui papillonne entre oralité et écriture.
La Désirante présente, en ce sens, un univers langagier où l’expression se veut plurielle et où les langues et les cultures sont relativisées.

L’errance identitaire ou la subversion de l’identité culturelle :
L’espace familial qui n’est pas bien défini est la source d’une discorde qui suscite une impossible cohabitation chez l’héroïne de La Désirante .
L’espace se mu dès lors en arène théâtrale où se joue amèrement le destin de Shamsa.
Face aux bévues d’un quotidien castrateur, l’exil s’impose comme un passage irréversible vers une liberté convoitée. De ce fait, Le texte de La Désirante affiche de son côté le déracinement de personnage Shamsa.
L’abandon initial rompt le lien avec l’espace de vie et laisse présager un déplacement spatial et un voyage dans les abysses de l’être en mesure de réhabiliter un destin malmené par des considérations tribales archaïques et accentué par un contexte tragique du pays natal.
Tissé sur une trame policière, La Désirante marque l’errance dans un espace aquatique à même de retrouver la pièce motrice qui manque au puzzle identitaire de la narratrice en projetant d’emblée le roman dans une voie d’apprentissage qui permet à Shamsa de recouvrer les plaisirs perdus.
L’espace de la mer permet entre autre une expressivité figurative de la crise identitaire qui a pour cause la séparation précoce où le regard s’applique à saisir les furies de l’âme et de les traduire en métaphores saisissantes.
Faisant volte- face au chauvinisme et à l’intégrisme, La Désirante de Malika Mokeddem propose également un monde onirique méditerranéen ; une sorte d’un monde originel ou de plus un havre de paix, où personne ne risquerait d’être exclu, à l’image d’une mère qui dorloterait tous ses enfants.
D’autre part, l’exil qui est omniprésent dans la plupart des romans de Mokeddem prend souvent des conceptions divergentes : exil parental, exil spatial, exil intime, exil par rapport à tout ce qui terrasse l’homme et l’empêche de s’affirmer comme entité libre prônant des valeurs universelles.
Par ailleurs, l’espace maritime et ce lui du désert consolident la notion du mouvement tant présente dans l’univers romanesque mokeddemien. La profusion des lieux offre de son côté, aux personnages du roman, l’opportunité de se détourner de l’absurdité du monde et de la solitude. 
Dans le roman La Désirante, l’auteure revient également au contexte tragique des années 90 en Algérie pour aborder l’aliénation de la femme première instance qui subit la violence :
« Les femmes n’avaient plus aucun chic, aucun chien. De méchants foulards les encagoulaient. Ainsi fagotées, elles ressemblaient à des macchabées en attente d’inhumation »(8)
Au cœur de cette Algérie frappée par la stagnation totale, les femmes sont dans l’obligation de se plier jusqu’aux exigences vestimentaires qu’impose la doctrine religieuse :
« Du spectacle de ces femmes et de ces jeunes filles transformées en hiboux, en corbeaux. Ces mères, ces filles dont l’accoutrement contribuait à me rendre étrangère dans ce pays. Elles en avaient changé la face, adoptant le masque et les interdits de l’obscurantisme » (9)
Il s’agit essentiellement pour Mokeddem d’exprimer l’exil social qui a pour cause l’obscurantisme religieux qui opère dans l’étouffement les libertés féminines et qui plonge la société algérienne dans une intolérance sans précédent.
D’autre part, si la quête de liberté est ensemencée d’embuches, la suggestion d’un espace métissé serait à même de mettre en branle toutes les contradictions qui cernent la personnalité de la narratrice Shamsa qui est tiraillée entre besoin d’inclusion et d’exclusion de l’Autre . L’épopée de l’amour prend le pas sur l’univers homérique. Etant « une fille de grands espaces » amoureuse de la navigation, Shamsa la journaliste qui a fui une société béotienne en butte à une barbarie farouche sillonne la Méditerranée, de rives en rives, mue par une quête intérieure amoureuse celle de retrouver l’homme qu’elle chérit le plus au monde. 
Ceci nous amène à dire que la réappropriation des espaces antinomiques désert/mer aiguise la vision du monde des personnages de La Désirante comme elle permet le déploiement d’une sensibilité artistique.
En se fabriquant une fiction celle qui figure la tentative de reconstitution de la scène de la disparition inopinée de son amoureux, Shamsa apprivoise les manques de sa vie et les transfigure. Léo, son amoureux, a-t-il réellement disparu ?
Ou s’agit-il d’un subterfuge pour laisser l’héroïne se lancer inévitablement dans des quêtes multiples et créer par là un motif de déploiement d’une poétique qui erre joliment entre tradition et nouveauté?
Ainsi, l’écrivaine, en imbriquant avec dextérité des éléments de l’imaginaire mondial, tente de désenclaver les bornages de la littérature. Ne serait-il pas une façon originale d’une auteure maghrébine d’associer la question de la bâtardise humaine, énergiquement présente dans La Désirante, à l’embarras d’affiliation littéraire d’une littérature qui tâte les contours de son identité et qui tente de cajoler son propre imaginaire ?
Par ailleurs, la tension entre la mémoire et l’oubli structure l’univers fictionnel de La Désirante.
Le retour à l’enfance est un préalable afin que l’héroïne puisse replonger dans son passé tourmenté. Etape incontournable pour Shamsa pour faire le deuil de tout ce qui l’écrase et de tromper du coup ses angoisses
Entretenir un rapport avec un homme étranger témoigne aussi bien selon Shamsa de ce désir intense de rapprocher des cultures différentes et de se protéger en maintenant en état de constance et de déni son illusion identitaire pour tenter une éventuelle reconnaissance de son Je.
L’identité devient dès lors une pratique existentielle qui se construit et se conçoit dans l’expérience de l’altérité.
L’errance à travers la mer qui prend dans le roman tantôt l’allure d’un exil tantôt l’aspect d’un voyage est une thérapie qui guérit l’âme de tous ses dualismes. L’autre facette d’errance qui est entre autre le voyage se fait dés lors une expérience pédagogique car elle permet un enrichissement culturel et surtout elle procure de la félicité qui n’est jamais ressentie ailleurs.
C’est dire que l’errance n’est qu’une démarche onirique qui permet une mise en surface des désirs enfouis et une échappée aux contraintes du temps et à celles de l’espace. Elle serait pour peu que se soit une mise en attente salvatrice qui offre la possibilité de camper par les mots la confusion identitaire dont est victime Shamsa.
En outre, l’évocation du soleil dans La Désirante prend le relais d’affiliation génétique face à un père qui n’a pas assumé son rôle parental : 
« La fille de soleil, toi, tu nous reviens »(10)
Le père biologique qui est absent dans la vie de Shamsa se substitue en un lien imaginaire de surcroît un élément du cosmos. Une volonté manifeste de la part de l’héroïne d’atteindre une dimension universelle et une belle façon de contourner sa confusion identitaire.
En somme, La Désirante de part sa référence au mythe d’Ulysse, déploie adroitement une nouvelle poétique et/ou étique qui dresse une vision du monde distincte. Un monde humaniste sans quoi l’homme ne serait que fantôme errant. 
Ce roman serait l’apprentissage par excellence de la parole poétique qui ne s’enlise point dans des bornages géographiques ou esthétiques. Serait-ce une manière originale de reconsidérer la parole errante et de lui concéder par conséquent toute sa finesse ?
En évoquant le poème de Saint-John Perse l’auteure de ce roman tente de saisir la vastitude et la diversité du monde pour mieux transcender ses frontières dans la nécessité d’un accomplissement spirituel et /ou poétique. Autrement dit, c’est grâce à l’écriture en mouvement, cette écriture-même qui suit les pas de la narratrice Shamsa que l’homme peut contenir le monde qui lui échappe et légitimer ses appréhensions en les intégrants subtilement dans une démarche esthétisante. N’étaient-ce pas l’écriture journalistique et d’autres écritures auxquelles s’adonnait Shamsa qui lui permettaient d’apprivoiser un réel des plus effroyables? Autrement dit, c’est par le biais de l’écriture que la vulnérabilité de la narratrice se mue en une chose désirable.
Ceci nous amène à affirmer qu’à travers le roman La Désirante Malika Mokeddem présente à souhait une graphie délectable de l’errance et de la perte pour suggérer une conversion de la quête de la narratrice Shamsa. Cela reste également une manière habile chez l’écrivaine pour accoucher d’une œuvre moderne qui présente une connivence artistique exquise avec une littérature qui choisi plutôt le mouvement que la stagnation.
Notes :
1-, Saint-John Perse cité in Portrait de Saint-John Perse, L’Harmattan,2011,p.192.
2-Pavany,Florence,L’espace dans le roman africain francophone contemporain(1970-1990),L’Harmattan,1999,p.10.
3- Mokeddem , Malika ,La Désirante , Casbah Editions , Alger , 2011 , p .74. 
4-- Mokeddem , Malika, idem,p.213.
5-Mokeddem , Malika, idem,p.93.
6-Mokeddem , Malika, idem,p.95.
7-Anzieu , Didier & all, Différences culturelles et souffrances de l ’identité, Dunod, p.131-132.
8-Mokeddem , Malika, op.cit,p.75.
9-Mokeddem ,Malika , idem,p.100.
10-Mokeddem , Malika, idem,p.14.
-Bibliographie:

Bonnefoy Yves, Dictionnaire des mythologies, Paris, 1981.
Brunel Pierre, Mythocritique, théories et parcours, Paris, Puf, 1 992.
Brunel Pierre (dir), Dictionnaire des mythes d’aujourd’hui, éd. Du Rocher, 1999.
Brunel, Pierre, Dictionnaire des mythes littéraires, Nouvelle édition argumentée, Editions Du Rocher, 1988.
Bonn Charles, Echange et mutations des modèles littéraires entre Europe et Algérie, L’Harmattan, Paris, 2004.
Bouchet René, Le nostalgique : L’imaginaire de l’espace dans l’œuvre d’Alexandre Papadiamantis, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, Paris, 2001.
Blanchot Maurice, L’espace littéraire, Folio/Essai,Gallimard,1995.
Canvat Karl, Enseigner la littérature par les genres .Pour une approche théorique et didactique de la notion de genre littéraire, De Boecck & Duclot,1999.
Durand Gilbert, Figures mythiques et visages de l’œuvre : De la mythocritique à la mythanalyse, Dunod, Paris, 1992.
Gafaiti Hafid, Les femmes dans le roman algérien, L’Harmattan, Paris, 1996.
Gasparani Philippe, Est-il je ? Roman autobiographique et autofiction, Seuil, Paris,2004.
Genette Gérard, Seuils, Paris, 1987. 
Huet-Brichard Marie-Catherine, Littérature et mythe, éd, Hachette Supérieur, 2001.
Thaâlbi,Ben Meziane, L’identité au Maghreb, l’errance, Alger, Casbah Editions,2000.
Paravy Florence, L’espace dans le roman africain francophone contomporain(1970-1990), L’Harmattan, Paris,1999.
Piegay -Gros, Nathalie, Introduction à l’intertextualité, Dunod, Paris, 1996.
Visonneau Genevieve,L’identité culturelle,Armand Colin,Paris,2002.

 

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2017-06-09T11:58:28+02:00

Extraordinaire différence

Publié par Rachid Raïssi

 

Aujourd’hui, plus qu’hier encore, beaucoup avancent imprudemment peut-être que la littérature serait le lieu par excellence de la désacralisation autrement dit le seul lieu – ou le lieu parmi d’autres – qui aurait été savamment dépouillé de son caractère sacré par ces philosophes et par leurs disciples, les écrivains, qui, leur vie durant, se sont attachés à dépasser leur condition de« dépouille qui va à la charogne » en essayant de sublimer par l’esprit ce « corps immortel », le leur propre, « vêtu de défroques provisoires » ; un corps qui se veut « dynastique, que le texte intronise et sacre (…) ». L’écriture mènerait-elle les philosophes et les écrivains vers la folie de la transfiguration impossible par une parole vaine et des mots qui, à l’origine, ne sont même pas les leurs puisque c’est Dieu qui apprit, à Adam, les mots, tous les mots qui permirent à l’homme de sortir de son ignorance première par la communication et le savoir ; un savoir négligeable en rapport au Savoir absolu. C’est le cas de Nietzche, l’un des précurseurs du dit littéraire contemporain, qui, à travers la notion de surhomme et de la volonté de puissance ou la volonté du devenir plus, proclamait grossièrement, dans le Gai savoir la mort de l’immortel, du Tout-Puissant, du Superbe, de l’infiniment Grand. Nietzsche s’est octroyé ainsi deux corps, « Un corps éternel, dynastique, que le texte intronise et sacre (…) mais qui est le même corps immortel vêtu de défroques provisoires ; (…) un même corps mortel, fonctionnel, relatif, la défroque qui va à la charogne (…) »

Si je vais de la philosophie à la littérature et de la littérature à la philosophie, indifféremment, c’est parce que, nourri à l’intertextualité, je considère comme tous ses tenants qu’aucun texte ne peut éviter la rencontre avec les autres textes, sur le chemin de l’objet et, par conséquent, l’une de mes convictions est que le rôle primordial de la philosophie est de nourrir de sa chair la littérature et le rôle secondaire de la littérature est d’illustrer les propos – souvent saugrenus – des philosophes en mal d’innovation. Les deux se retrouvent ainsi, intimement liées. Les écrivains sont les héritiers des philosophes car à défaut d’écrire des essais, ils nous racontent des histoires qui viennent généralement illustrer les propos de leurs maîtres. Dans ce sens, on peut affirmer, par exemple, que l’écriture féministe littéraire est née du mouvement philosophique féministe dont l’un des représentants est Simone de Beauvoir et son infidèle compagnon, J.P. Sartre et ce, sans oublier J. Lacan, Michel Foucault, Gilles Deleuze. Ces théoriciens du devenir plus de la femme ont permis la naissance et la prolifération de cette littérature du corps avili.

Souffrant d’une mauvaise réputation à cause de sa théorie de la primauté du phallus, J. Lacan a essayé de se rattraper par une pirouette en guise de contribution au féminisme en affirmant que le phallus n’appartient à aucun sexe parce que la femme croit en manquer quand l’homme croit le posséder. Le phallus ne serait ainsi qu’un signifiant, le signifiant d’un manque.

Pierre Michon, Le corps du roi, Editions Verdier, 2002.

Ibid., p. 13.

Ibid.

Ibid.

Nietzsche, Le Gai Savoir, 1882.

Le corps du roi, Ibid., p. 13.

 

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2017-04-18T22:10:05+02:00

BRAVO à Hamadi Mohamed El-Habib : Je suis Algérien

Publié par Rachid Raïssi

Beaucoup de concepts ont été présentés dans une même séance. De quoi s'agit-il la greffe, l'IGM ou encore l'OGM (?). Je ne savais pas, mais je me souviens de la phrase du professeur Raissi : « je suis algérien ». La preuve d'être autonome et non greffé. La greffe c'est une procédure qui colonise votre personnalité indirectement ou votre culture en général. Un effet que l'on entend dans les pays maghrébins ou africains à cause de la colonisation.

Une perturbation d'identité de la nouvelle génération qui met en question la notion d'identité. D'après l'explication des notions d'assimilation et d'acculturation, je me souviens bien d'un cours de sciences sur les parasites. Est-ce que je connais l'orobanche ? Quelle mauvaise image avez-vous maintenant ?

Une plante qui parasite une autre. Elle ne connaît pas la notion du patriotisme, l'affiliation ou l'amitié. Elle exploite tout pour son profit. Pourquoi faut-il la juger comme une chose qu'il faut éradiquer ?

Oui, je peux encore entendre les paroles de notre enseignant : « restez dans votre pays même avec les problèmes », «l'Algérie, ce grand pays qui a payé ce drapeau par le sang. Un pays libre avec un gouvernement, des frontières et une armée !»

La notion de « L'IGM » était comme un choc pour moi. Avant, j'ai pensé que la science c'est la solution à tout, mais j'ai appris quelque chose d'amusant de notre enseignant, c'est l'importance de lire et d'écrire. J'ai lu le verset coranique « Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses), puis Il les présenta aux Anges et dit : « Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques ! » (Dans votre prétention que vous êtes plus méritants qu'Adam)." AL-BAQARAH 31, plusieurs fois, mais c'est grâce à lui que je comprends maintenant l'importance de la langue.

Lire pour changer l'avenir, écrire pour la joie d'une légende qui reste pour les générations suivantes, pour des futurs intellectuels qui préserveront l'avenir de nos enfants et passeront toute les autres sciences par le moyen de la langue. R. Barthes a dit : « s'il m'était donné par un pouvoir quelconque d'éliminer tout ce qu'on enseigne à l'université, je garderai l'enseignant de la littérature."

C'est pour cette raison que l'IGM était un grand choc. Oui, ces intellectuels génétiquement modifiés, et toutes les personnes infectées par l'assimilation volontairement ou encore greffées par une autre entité culturelle deviennent des parasites qui envahissent l'avenir de l'Algérie.

Comme un jeune chercheur, j'avais l'envie de partir à l'étranger pour poursuivre mes études, je n’ai pensé à aucune autre dimension de la vie. Mais l'expérience de M. Raissi m'ouvre les yeux sur tous ces concepts. J'ai pensé que l'essentiel est de produire quelque chose pour l'Humanité, mais aujourd'hui je dis : Monsieur le parasite, allez-vous-en là où vous pouvez trouver votre intérêt, moi je reste fidèle à mon pays et là où je suis, mon avenir sera toujours lié à mon pays, l'Algérie.

À la fin, je veux vous dire mes chers frères et sœurs : nous sommes des Algériens et des Algériennes, mes chers : lisez pour changer l'avenir, écrivez pour le préserver.

 

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2017-04-15T17:01:13+02:00

BRAVO à l'étudiante Ghiaba Rima groupe 03

Publié par Rachid Raïssi

 

 

D'après ce que nous avons abordé durant toute l'année et sous l'angle du terme générique la francophonie, nous avons étudié pas mal d'exemples dans ce que nous appelons "le rapprochement thématique et l'intertextualité". Pour renforcer l'esprit et désenclaver la pensée du lecteur, nous avons enrichi nos études avec des textes qui illustrent ce rapprochement thématique. L'objectif de notre module et d'initier à une lecture d'un texte littéraire dans une nouvelle perspective. J'ai retenu qu’un texte littéraire n'est qu'un espace de confrontation entre le profane et le sacré, le naturel et le surnaturel, l'humain et le divin et leurs transgressions. Ecrire, c'est parler de soi ou des autres et laisser un relief de la propre culture en intégrant impérativement les différentes notions de base telle que : la greffe, l'assimilation, l'acculturation. Un écrivain ne s'engage à l'écriture qu'après avoir rempli un poids de ses émotions et des sentiments, ce poids est le sac à dos émotionnel.

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2017-04-15T16:58:58+02:00

BRAVO à Aissani Nour eddine G : 03

Publié par Rachid Raïssi

 

Ayant pour objectif d'initier les étudiants de 3ème année de licence à la pré -lecture, à la lecture et à la réécriture, le professeur Raissi Rachid a assuré le module de l'étude des textes littéraires. Au 1er semestre, il a commencé sa mission par la définition et les caractéristiques du texte littéraire ; ce dernier offre à l'énonciateur un espace pour dégager tout ce qui est à l'intérieur de lui-même : émotions et traumatismes de toute une vie ou ce qu'on a appelé le sac à dos émotionnel. Ensuite et à la lumière des textes tirés de différents romans, l'enseignant nous a demandé de faire des entraînements d'écriture par la production de petits passages. On a travaillé sur des textes qui ont un rapprochement thématique et textuel, celui de l'amour impossible et de la transgression du sacré (profanation / profanisation) à travers les exemples de Nedjma de K. Yacine, du sommeil d’Eve de M. Dib et de la fiancée du loup d 'A. Kallas. Ce rapprochement nous a montré que toute écriture et une sorte de réécriture car chaque écrivain commence à écrire à partir de son esprit et à partir des écrits d'autrui. Au 2ème semestre, on a étudié les textes rédigés par les écrivains maghrébins d'expression française dans le cadre de la francophonie. Ces écrivains, aliénés de leurs identités et greffés par la langue et la culture française, se révèlent être des assimilés et des acculturés.
 

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2017-04-13T11:46:26+02:00

Bravo à RABIA khansa G°3

Publié par Rachid Raïssi

 

 

Ce module a eu une telle influence sur moi que ma vision des auteurs et de leurs œuvres a complétement changé. Venant maintenant aux catégories et aux notions que nous avons étudiées pendant les deux semestres. Ces notions aident à l'interprétation des textes littéraires et du coup visent à empêcher les lecteurs de se tromper avec les thèmes abordés. Car s'appuyer seulement sur les thèmes ne suffit pas pour comprendre le sous-message transmis par l'auteur. Prenant par exemple le cas de Nedjma de Kateb Yacine : ce roman traite le thème de l'amour mais le message derrière l'histoire de Nedjma, c'est un message qui a pour objectif la dévalorisation des principes islamiques. Cette dévalorisation fait partie de ce qu'on appelle la profanation du sacré.

Kateb Yacine, en laissant tomber sa culture et en adoptant une autre, est un auteur greffé comme tous les auteurs maghrébins d'expression française. C’est un assimilé car il ne respecte pas sa religion, sa culture et il tente à détruire leurs principes. Lire donc avec les notions, c'est lire autrement car ces notions renforcent la conscience et l'esprit critique des lecteurs.

 

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2017-04-11T20:11:47+02:00

CM-Bilan : Bravo à Bougueffa Eutamene Karima

Publié par Rachid Raïssi

 

D’après ce que nous avons fait dans les CM, j’ai retenu plusieurs notions qui nous aident à mieux lire un texte littéraire. Commençant par l’assimilation, une notion qui touche les écrivains maghrébins d’expression française. Disant que ce sont des assimilés par la langue d’autrui. Et de plus, par sa culture. Ces écrivains veulent supprimer leur identité pour être des petits français. C’est ce qu’on appelle l’imitation aveugle qui aboutit à l’effacement identitaire. Ce sont des IGM (intellectuels génétiquement modifiés) et des écrivains greffés par cette langue et par cette culture. Prenant l’exemple vivant de Rachid Boudjedra et de Malika Mokeddem sans oublier le cas de « Diouana », une fille africaine qui rêve de la France comme étant un pays extraordinaire qui pourra lui permettre de réaliser tout ce qu’elle veut. Mais le fait de ne pas partir a mené le personnage à se suicider. L’assimilation concerne donc non seulement les écrivains mais aussi le peuple. L’assimilation mais aussi l'acculturation qui, quant à elle, est appliquée par la force, c’est l’acculturation qui est apparue pendant les années de la colonisation.

Puis, le Professeur R. Rachid nous a informés de deux types de lecture, la première, c’est ce que nous nous sommes habitués à faire autrement dit réduire le texte à la notion et la deuxième, la lecture immanente. Cette dernière est liée ensuite à des notions, des concepts et des catégories que le texte lui-même propose pour son déchiffrement.

De plus, on a parlé du sac à dos émotionnel qui naît avant même que nous ne voyons le jour. Ce sac à dos rassemble toutes nos émotions dès qu’on est dans le ventre de nos mamans jusqu’à notre mort. Les mauvais sentiments et les beaux. C’est pour cela que les médecins n’arrêtent jamais de dire « n’énervez pas les femmes qui sont enceintes. »

Partant de notre premier choc qui est la séparation avec nos mères, le trauma continuera avec les commotions de la vie. Mais personne n’arrive à exprimer ses émotions, à cause de cela on voit des réactions inattendues, c’est quand la langue n’arrive pas à parler, le corps, lui, fait son entrée avec un langage spécifique, le langage du corps.

 

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2017-04-10T19:45:09+02:00

BRAVO A HAMOUD BOUCHRA

Publié par Rachid Raïssi

CM bilan :

 

Le module « Etude de textes littéraire » s’intéresse à l’analyse du texte littéraire et à l’étude des notions de base. Son objectif est l’initiation des étudiants à la pré- lecture, à la lecture et à la réécriture du texte littéraire. La pré-lecture est une lecture qui se fait d’une manière globale, préalable et externe et par laquelle on pose des hypothèses de sens pour aller à la lecture profonde et interne du texte.

Sur le plan thématique, les écrivains travaillent toujours sur les même thèmes dans ce qu’on appelle le rapprochement thématique tels que : la mort, l’amour, l’existence, la thématique du rêve, etc.

De cette répétition de thèmes résulte l’intertextualité ; ce qui est évident car aucun texte ne peut éviter la rencontre avec un autre et personne ne peut écrire du néant à l’exception de Dieu, le Tout-Puissant. Prenant l’exemple des deux extraits sur lesquels nous avons travaillé au premier semestre « Le sommeil d’Eve » de Mohammed Dib et « La fiancé du loup » d’Aïno Kallas, dont les personnages principaux sont des humains amoureux des loups qui symbolisent l’homme car l’homme n’est-il un loup pour son prochain et surtout pour la femme. Car l’homme, par sa nature même, aime à gérer et à tout contrôler autrement dit il aime dominer mais la femme, à son tour, n’aime pas se sentir soumise et dépendante. Alors, reconnaissons enfin que le point faible de l’homme est sa femme car « La seule personne que la femme peut vaincre, c’est l’homme » mais l’homme et la femme ne peuvent réellement se rencontrer que sous le signe de la puissance divine. Toutes les autres rencontres sont sous le signe du diable et sont des transgressions punies immanquablement ici et ailleurs.

Le thème de la pré- lecture est l’amour impossible mais une lecture profonde analytique des deux œuvres montre que le thème essentiel est celui du péché mortel « l’adultère » qui viole et transgresse toutes lois divines.

La métamorphose écrite par Kafka est aussi une thématique traitée par Edgar Poe dans « Histoire extraordinaire » et qui parle du changement complet de l’être de la chenille au papillon autrement dit passer de la laideur de la vie actuelle à la beauté éternelle.

Finalement, avec les concepts et les outils de compréhension qui nous ont été enseignés et les conseils prodigués nous permettent de mieux appréhender la littérature et nous prémunir des dangers et des dérives que véhicule la littérature tels que : l’assimilation, l’acculturation, la greffe, etc. 

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2017-04-07T18:59:01+02:00

BILAN DES ENSEIGNEMENTS PAR RAHMA BELAÏD

Publié par Rachid Raïssi

Notre module, études des textes littéraires, a pour objet d’Initier les étudiants à la pré-lecture, à la lecture et à la réécriture du texte littéraire. Cette problématique est reposée encore une fois lors du CM-bilan afin de jeter un pont entre le semestre 1 et le semestre 2 et afin de renforcer les acquis et les compréhensions.

Pour commencer, le premier point mis en discussion est : que veut dire la pré-lecture ? La pré-lecture c’est faire une lecture préalable, une vision générale, une lecture formelle d’un texte pour en repérer les éléments clés. D’une façon générale, il s’agissait de définir les notions de base de la problématique. Ensuite, un autre point plus essentiel, c’était de montrer dans quelle mesure le concept de l’intertextualité est-il impliqué dans le texte de la Fiancée du loup d’A. Kallas et du Sommeil d’Eve de M. Dib. Après discussion, le rapprochement thématique a été établi, celui de l’interdiction de l’adultère (la profanation ou profanisation du sacré), voire l’amour impossible. Notons cependant que l’histoire de Kaïs et Leïla est aussi un récit de l’amour impossible ou conjoncturel ; thème qui rapproche cette œuvre des deux premières. Un autre exemple pour illustrer l’intertextualité thématique qui rapproche les œuvres, c’est Histoire extraordinaire d’Edgard Poe et La métamorphose de l’écrivain allemand juif Kafka. La métamorphose de la chenille en papillon de Poe rapproche cette œuvre de celle de Kafka par le thème de la métamorphose. Pour la deuxième œuvre, Gregor Samsa s’est métamorphosé et devient un monstrueux insecte.      

En ce qui concerne le deuxième semestre, il traite de l’étude du texte maghrébin d’expression française, l’examen de l’écriture sous l’éclairage de deux concepts fondamentaux : l’assimilation et l’acculturation dans le cadre de la Francophonie/francophonie.

En définitive, et après avoir vu ce qu’on a étudié durant le S 1 : l’indéfinition de la littérature, l’intertextualité, la pré-lecture, ect. Je trouve que le premier semestre n’était qu’une phase préparatoire pour aller plus profondément dans l’analyse du texte dans le deuxième semestre, puisque le fait de définir les concepts : le sac à dos émotionnel, l’immanence, la grille de lecture, ect. Dans un texte, c’est savoir que certains ou la majorité des écrivains sont greffés par la langue française et cette écriture n’est pas une tâche facile car l’écrivain, qui se bat contre la langue, s’avoue généralement vaincu et se laisse aller dans la destruction de ses propres valeurs et ses propres croyances.

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2017-03-19T19:37:35+01:00

Bravo à Aoura Chahrazed G.4

Publié par Rachid Raïssi

Le fait d’entendre l’expression « sac à dos émotionnel » séduit mon oreille et me fait plaisir. De plus, c’est une expression facile à retenir. Parler du « sac à dos », c’est entre autres parler de l’écriture autobiographie ou autofictionnelle car l’écrivain ne parvient à écrire qu’après l’accumulation des émotions de toute une vie. Enfin et d’après le Dr S. Raïssi, le sac à dos émotionnel est celui aussi de la littérature de l’intranquillité. L’enseignante explique que « c’est une écriture obsédée par le sentiment du mal à l’âme de l’humain partagé entre tourments et supplices provoqués par les remords de conscience qui hantent le texte littéraire et lui donne sens (…).

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